A peine avons nous pénétré la forêt des rives désordonnées de l'orénoque qu'une pluie épaisse vient tout détremper. Par réflex, nous cherchons en vain un abri. S'abandonner à l'averse tropicale se révèle d'abord sensationnel. Nous avançons ruisselants au plein coeur du delta. Nous suivons notre guide indien dans son jardin luxuriant. Chemises et treillis collés aux corps poisseux. Puis la chaleur devient plus lourde malgré la pluie qui devient vraie mousson. Le sentier se mue en marécage. On est presque encerclé par la végétation qui semble pousser autour de nous. La marche est laborieuse. On glisse. On est accroché. A sa fin, le sentier débouche sur notre campement et son ponton en bois. La pluie s'abat encore plus violemment. On ne distingue presque pas le rideau végétal sur la rive opposée pourtant peu distante. Sous le déluge, nous décollons nos vêtements et hésitant un instant, derrière les indiens, nous plongeons nus dans le fleuve à la couleur du cacao. Dans le courant, semblent nous frôler, poissons dentés, anguilles électriques, ou jeunes caïmans appelés ici bavas. Ce charmant bestiaire dépeint dans le seul guide de la région que nous avons pu nous procurer. Les imaginations travaillent encore un peu. Nager là, les visages martelés par le grain tiède sera pourtant délicieux. Un instant qui restera dans les mémoires. Pour la jubilation que procurent des instants rares comme celui là, cette fois de complicité partagée avec nos hôtes bienveillants du bout du monde, je ne cesserai jamais de voyager et je rapporterai avec moi quelques impressions. Quelques impressions d'Eric... 

MERCI POUR VOIR LES PHOTOS EN MUSIQUE DE CLIQUER DIRECTEMENT SUR UN DES TITRES PROPOSES MAIS SANS LANCER LA PLAYLISTE

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